Douglas Majnun

"Au désert mexicain nous ôtons notre grand chapeau de nos steppes étendues... " Bin0me

jeudi 08 octobre

Idée

Le matérialiste, par opposition à l'humaniste, essaie de sauver les meubles.

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mercredi 09 septembre

Jamais plus jamais

Marchant, la tête dans les réclames,
J’aperçois quelques jolies femmes.

Cent sous, les cigarettes
« De quoi devenir fou !» insiste un interprète
Sinon s’arracher la tête, les vêtements sens dessus-dessous.

Assis,

Ici,

On a fait bouillir
Les hippopotames,
A force de nous languir
Auprès des dames.

*

Ébouillanté par mes états d’âmes,

Gémir, hurler, frémir, trembler.

« Tu as l’œil rouge ! »

J’ai embrassé un crocodile

                D’une île.

Poings fermés ;

Plante des pieds écarlate.

Les yeux en orbite.

*

*

Et par un de mes artifices,

J’achève ce poème ;

Orifice

Dans lequel je lance mes problèmes.

Posté par DouglasMajnun à 12:34 PM - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 08 septembre

Moi

Moi,

Au cimetière,

Ces pierres, en enfer.

Les branches crissent

Où plus rien n’existe.

« Monsieur nous n’y sommes pas encore ! »

« Madame … »

Toujours de ce côté, et déjà elle mord.

Au milieu des allées

Face à ces squelettes désarmés.

Ames désincarnées ;

Désincarcérées de toute douleur.

Lançant des roses

Mon avenir demeure morose.

Pâle et sans odeur.

Posté par DouglasMajnun à 06:46 PM - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 01 septembre

Oiseau de nuit

Oiseau de nuit,

Oiseau de nuée ;

Manteau de suie,

Costume de muet

Furie dans son

Château de pluie

Désembué.

Oisiveté et boisson.

Nuitée et poison.

Posté par DouglasMajnun à 11:11 PM - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 26 août

Acte I : Scène 3

La nuit devenait grave.

Minuit moins cinq

Il caresse la hanche de la colline,

Bolide tel un flacon de Benzédrine

A la croisée

Trois cabs et un bus bleu,

D’une cérémonie vers une autre,

Filent indienne.

Enlevant les lacets

Comme un jeune écolier

Il embrasse bientôt

La vallée.

Neuve heure, pédante.

Posté par DouglasMajnun à 12:13 AM - Périple éléctrique - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 23 août

Bref

Je, il pour les intimes

Je est, par leurs mains étrangères

Réincarné en papier.

Que faire de leurs lauriers ?

Et je leur rapporte Mon eau.

Leur honneur m’exaspère,

Je leur rends à la dime.

Posté par DouglasMajnun à 07:00 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 16 août

La vie de Jack Cassady

Jack Cassady finissait le boulot à dix neuf heures. A peine rentré, il envoyait  valdinguer son blouson en cuir sur le porte manteau, embrassait sa jeune femme et sa petite fille, et il courrait en direction des toilettes. Thé et bière, thé le matin, bière passé midi, c’était sur insistance de son médecin qu’il avait accepté ce compromis. « Quel foutu chieur ! » ricanait-il après chaque consultations. Thé et bière, il finissait par pisser la Mer Morte. Le plus dur, c’était pour le sel…

Il se rendait ensuite dans la cuisine où il mettait les pieds sous la table. Non pas que Jack fut égoïste. Cassady était généreux. Généreux de cette générosité - et pas des moindres -   qui vous pousse à partager jusqu’à ce que vous n’avez pas. Mais. Il avait fait des plans sur la comète. A plat sur la moquette. Et Judy, sa jeune épouse l’admirait pour ça, son Jack.

Après un bon repas, bien mérité, il l’aidait à faire la vaisselle dans leur petit appartement. Il finissait la soirée devant la télé, à lire le journal parce que « c’est ce que font les grands hommes ! ». La petite Mary jouait avec sa poupée devant le couple qui en bavait visiblement. Mais le bout du tunnel était proche. Très proche. Et bientôt ils iraient tous les trois à la campagne.

Posté par DouglasMajnun à 07:50 PM - Rêve Américain - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 09 août

Bouts ajoutés

Mais enfin, cette posture lui sied bien
Qu'ayant relâché ses deux mains, restées béantes.
Je puisse m’engouffrer dans son immense antre
Et du nom d’une ombre il se mettait un rien
Rêver la sédentarité du vieux pêcheur.
Le tableau s’amenuise, et cela, à chaque heure
Des animaux ont abandonné leur fourrure.
Et, loin de tous ces gens, sous un ciel d’azur,
L'élaboration franche d’une mer de feu ;
D'un Cholera des dieux qui achève le jeu.

A-R et D-M

Posté par DouglasMajnun à 07:09 AM - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 08 août

Les yeux bleus du saxophone

Les fourmis cosmopolites tapissent de marbre le mur les séparant des cigales. A l’est, rien de nouveau. Quelques girouettes polluent le ciel de leur présence.

Tandis que sur un banc. « B comme bisous » dit-elle d’un air inquisiteur. Un baiser délibérément retenu sur son front coula le long de ses joues avant de rejoindre ses lèvres et d’aller retentir derrière sa nuque.

Alors que derrière les murs, le flux de mots, débité par l’affreux bibliothécaire joufflu a assailli les amateurs de lignes aux fesses endolories par les matelas d’acier. On y lit Rimbaud, surtout vers l’aine.
Les boulets de métal, arrachant la liberté à sa vraie nature, ne laisse pas l’imagination voler très haut.

Pendant que derrière les fenêtres, un vieux « coupe cigare » s’accorde à quelques cuivres avant les répétitions de So What. Les voisins d’en face s’accoudent dores et déjà au rebord de la fenêtre, tendant l’oreille aux cinq génies.

Tandis que dans les salles de cinéma. On coupe les bandes étirées de films rallongés à cause du manque d’embrassade et de sexe, puisqu’il ne faut plus s’aimer. D’éminents scientifiques avancent que les atomes crochus finissent par déchirer les draps des tourtereaux.

                Durant tout ce temps, au dernier étage, un homme rêve, non pas de demeurer solitaire, mais devenir solidaire. Changer l’été. En dés. Et vouloir errer. Se tuer se métamorphosant en durer.

Posté par DouglasMajnun à 11:52 AM - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 02 août

Jazz

Jazz

Posté par DouglasMajnun à 06:50 PM - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 29 juillet

Murs trop mûrs

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*

*

Est-ce de l’amour ?

Ou juste une confusion,

Ces petits bonhommes tout ronds

Qui jalonnent les murs.

Ces troubadours arrondissant les angles.

S’arrachent les ongles

Pour donner à leur coup de patte

Un aspect verni.

Par delà les murs de gélatine

Flasques.

J’aperçois l’usure d’une flaque

Qui se dandine.

Posté par DouglasMajnun à 06:03 PM - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 22 juillet

Sonné par Marion

Ces deux yeux émeraudes
Me donnent le tournis.
Je bois la mer, chaude ;
Désormais, j’applaudis.

Ses deux yeux émeraudes

Me donnent le tournis.

Ma pleine joie s’érode

Lorsque je les fuis.

Ces deux yeux émeraudes

Dont je me languis ;

Me vaccine du malheur qui m’innonde.

Ses deux yeux émeraudes

Savent que je les suis,

Pour tout l’or du monde.

Posté par DouglasMajnun à 10:17 PM - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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