jeudi 08 octobre
Idée
Le matérialiste, par opposition à l'humaniste, essaie de sauver les meubles.
mercredi 09 septembre
Jamais plus jamais
Marchant, la tête dans les réclames,
J’aperçois quelques jolies femmes.
Cent sous, les cigarettes
« De quoi devenir fou !» insiste un interprète
Sinon s’arracher la tête, les vêtements sens dessus-dessous.
Assis,
Ici,
On a fait bouillir
Les hippopotames,
A force de nous languir
Auprès des dames.
*
Ébouillanté par mes états d’âmes,
Gémir, hurler, frémir, trembler.
« Tu as l’œil rouge ! »
J’ai embrassé un crocodile
D’une île.
Poings fermés ;
Plante des pieds écarlate.
Les yeux en orbite.
*
*
Et par un de mes artifices,
J’achève ce poème ;
Orifice
Dans lequel je lance mes problèmes.
mardi 08 septembre
Moi
Moi,
Au cimetière,
Ces pierres, en enfer.
Les branches crissent
Où plus rien n’existe.
« Monsieur nous n’y sommes pas encore ! »
« Madame … »
Toujours de ce côté, et déjà elle mord.
Au milieu des allées
Face à ces squelettes désarmés.
Ames désincarnées ;
Désincarcérées de toute douleur.
Lançant des roses
Mon avenir demeure morose.
Pâle et sans odeur.
mardi 01 septembre
Oiseau de nuit
Oiseau de nuit,
Oiseau de nuée ;
Manteau de suie,
Costume de muet
Furie dans son
Château de pluie
Désembué.
Oisiveté et boisson.
Nuitée et poison.
mercredi 26 août
Acte I : Scène 3
La nuit devenait grave.
Minuit moins cinq
Il caresse la hanche de la colline,
Bolide tel un flacon de Benzédrine
A la croisée
Trois cabs et un bus bleu,
D’une cérémonie vers une autre,
Filent indienne.
Enlevant les lacets
Comme un jeune écolier
Il embrasse bientôt
La vallée.
Neuve heure, pédante.
dimanche 23 août
Bref
Je, il pour les intimes
Je est, par leurs mains étrangères
Réincarné en papier.
Que faire de leurs lauriers ?
Et je leur rapporte Mon eau.
Leur honneur m’exaspère,
Je leur rends à la dime.
dimanche 16 août
La vie de Jack Cassady
Jack Cassady finissait le boulot à dix neuf heures. A peine rentré, il envoyait valdinguer son blouson en cuir sur le porte manteau, embrassait sa jeune femme et sa petite fille, et il courrait en direction des toilettes. Thé et bière, thé le matin, bière passé midi, c’était sur insistance de son médecin qu’il avait accepté ce compromis. « Quel foutu chieur ! » ricanait-il après chaque consultations. Thé et bière, il finissait par pisser la Mer Morte. Le plus dur, c’était pour le sel…
Il se rendait ensuite dans la cuisine où il mettait les pieds sous la table. Non pas que Jack fut égoïste. Cassady était généreux. Généreux de cette générosité - et pas des moindres - qui vous pousse à partager jusqu’à ce que vous n’avez pas. Mais. Il avait fait des plans sur la comète. A plat sur la moquette. Et Judy, sa jeune épouse l’admirait pour ça, son Jack.
Après un bon repas, bien mérité, il l’aidait à faire la vaisselle dans leur petit appartement. Il finissait la soirée devant la télé, à lire le journal parce que « c’est ce que font les grands hommes ! ». La petite Mary jouait avec sa poupée devant le couple qui en bavait visiblement. Mais le bout du tunnel était proche. Très proche. Et bientôt ils iraient tous les trois à la campagne.
dimanche 09 août
Bouts ajoutés
Mais enfin, cette posture lui sied bien
Qu'ayant relâché ses deux mains, restées béantes.
Je puisse m’engouffrer dans son immense antre
Et du nom d’une ombre il se mettait un rien
Rêver la sédentarité du vieux pêcheur.
Le tableau s’amenuise, et cela, à chaque heure
Des animaux ont abandonné leur fourrure.
Et, loin de tous ces gens, sous un ciel d’azur,
L'élaboration franche d’une mer de feu ;
D'un Cholera des dieux qui achève le jeu.
A-R et D-M
samedi 08 août
Les yeux bleus du saxophone
Les fourmis cosmopolites tapissent de marbre le mur les séparant des cigales. A l’est, rien de nouveau. Quelques girouettes polluent le ciel de leur présence.
Tandis que sur un banc. « B comme bisous » dit-elle d’un air inquisiteur. Un baiser délibérément retenu sur son front coula le long de ses joues avant de rejoindre ses lèvres et d’aller retentir derrière sa nuque.
Alors que derrière les murs, le flux de mots, débité par l’affreux bibliothécaire joufflu a assailli les amateurs de lignes aux fesses endolories par les matelas d’acier. On y lit Rimbaud, surtout vers l’aine.
Les boulets de métal, arrachant la liberté à sa vraie nature, ne laisse pas l’imagination voler très haut.
Pendant que derrière les fenêtres, un vieux « coupe cigare » s’accorde à quelques cuivres avant les répétitions de So What. Les voisins d’en face s’accoudent dores et déjà au rebord de la fenêtre, tendant l’oreille aux cinq génies.
Tandis que dans les salles de cinéma. On coupe les bandes étirées de films rallongés à cause du manque d’embrassade et de sexe, puisqu’il ne faut plus s’aimer. D’éminents scientifiques avancent que les atomes crochus finissent par déchirer les draps des tourtereaux.
Durant tout ce temps, au dernier étage, un homme rêve, non pas de demeurer solitaire, mais devenir solidaire. Changer l’été. En dés. Et vouloir errer. Se tuer se métamorphosant en durer.
dimanche 02 août
Jazz

mercredi 29 juillet
Murs trop mûrs

*
*
Est-ce de l’amour ?
Ou juste une confusion,
Ces petits bonhommes tout ronds
Qui jalonnent les murs.
Ces troubadours arrondissant les angles.
S’arrachent les ongles
Pour donner à leur coup de patte
Un aspect verni.
Par delà les murs de gélatine
Flasques.
J’aperçois l’usure d’une flaque
Qui se dandine.
mercredi 22 juillet
Sonné par Marion
Ces deux yeux émeraudes
Me donnent le tournis.
Je bois la mer, chaude ;
Désormais, j’applaudis.
Ses deux yeux émeraudes
Me donnent le tournis.
Ma pleine joie s’érode
Lorsque je les fuis.
Ces deux yeux émeraudes
Dont je me languis ;
Me vaccine du malheur qui m’innonde.
Ses deux yeux émeraudes
Savent que je les suis,
Pour tout l’or du monde.
